Tiges et branchements

Amaryllidaceae
2005
Plateau, Stolons, Hampe florale,
Inflorescence.

Chez les Amaryllidaceae comme chez toutes les plantes à bulbe les entre-nœuds sont extrêmement courts d'où l'aspect trapu de la tige principale appelée "plateau".

Sur ce plateau les bourgeons peuvent donner naissance à d'autres tiges, également condensées ou non :

Périodiquement le bourgeon apical se transforme en bourgeon inflorescentiel et donne une hampe florale allongée qui portera, souvent haut au-dessus du sol, une inflorescence elle-même composée de tiges portant les fleurs et formant une fausse ombelle.

Un bourgeon axillaire se développe alors, assurant la continuité de l'appareil végétatif.

D'autres bourgeons axillaires peuvent également se développer et donner une tige compacte qui se confond avec le plateau d'origine et sur laquelle se développe une volumineuse bulbille, le caïeux, ce qui aboutira avec le temps à une partition du bulbe.

Enfin les bourgeons axillaires peuvent donner une tige non condensée, ou stolon, à l'extrémité de laquelle se forme une bulbille de faible développement, assez rapidement indépendante et enracinée pour son compte.

Après lésion du plateau ou des écailles un cal peut donner également des bulbilles.

Notions fondamentales :

Le plateau

Le plateau est donc une tige contractée, c'est à dire dont les entre-nœuds séparant les feuilles, ici les écailles, sont courts.

On peut parfois voir le plateau s'allonger sous les vieux bulbes : après que les écailles périphériques se sont transformées en tunique puis se sont décomposées le plateau apparaît comme un cylindre portant les cicatrices circulaires des écailles, exemple chez Ismene longipetala où les entre-nœuds apparaissent alors de l'ordre du millimètre. Néanmoins cet aspect est rarement visible du fait de la décomposition progressive du plateau.

Les Clivia, qui ne forment par ailleurs pas de vrai renflement bulbeux, ont des entre-nœuds relativement longs et forment une "vraie" tige. Cependant les racines contractiles semblent maintenir le point de croissance à une distance constante de la surface du sol puisqu'on retrouve la tige enterrée comme un rhizome. Certaines populations de Clivia caulescens font exception : la tige est aérienne et la plante s'élève. La chute des vieilles feuilles fait apparaître la grosse tige comme un tronc, d'où naissent quelques racines "échasses".

Le genre Ungernia fait également exception à cette disparition rapide des parties anciennes du plateau. Il en résulte l'aspect typique de ce genre méconnu : le bulbe est à l'extrémité d'une tige (plateau allongé) éventuellement ramifiée.

Plateau ascenseur (comment appeler le phénomène ?)

Les Amaryllidaceae ont la capacité de s'enfoncer dans le sol grâce à leurs racines rétractiles. Le phénomène suivant témoigne à l'inverse d'une possibilité d'ajustement de la profondeur vers le haut.

Lorsque le bulbe se trouve enterré trop profondément, Galanthus nivalis a la capacité de former un nouveau bulbe plus près de la surface du sol. L'ascension vers la surface semble se faire par étapes annuelles répétées de 3-4 cm : on peut retrouver des bulbes blancs, portant en-dessous un moignon de "plateau ascenseur" témoignant d'une étape précédente, et portant au-dessus, sortant du sommet du bulbe, une semblable tige, épaisse de 3-4 mm et longue d'environ 3 cm, ayant à son extrémité supérieure un petit bulbe avec deux racines et deux feuilles vertes.

Les différences avec le stolon sont 1) morphologique : tige plus épaisse qu'un stolon (~ comme le plateau), persistante (plus d'un an) et sortant non pas latéralement mais du cœur même de l'ancien bulbe (une coupe reste à faire pour vérifier s'il s'agit d'un "allongement" du plateau) et 2) fonctionnelle : il n'y a pas formation d'individu supplémentaire, puisque l'ancien bulbe disparaît, mais déplacement.

Peut-être la profondeur excessive déréprime t-elle l'allongement des entre-nœuds du plateau ?

Exemple sur des bulbes d'Hymenocallis sp. Ces bulbes poussent dans les dunes. Sous l'effet de l'accroissement de la dune ils sont périodiquement placés trop profondément... www.pacificbulbsociety.org/pbswiki/files/Hymenocallis/Hymenocallis_sp_PA2.jpg

Biblio :
Gay J. 1859. Note sur une anomalie bulbaire du Leucojum aestivum. Bull. Soc. Bot. de France, 6: 266-267. [www.botanicus.org/page/266329, 266330]

Les stolons

Le stolon est une tige grêle émise latéralement à la base de la plante, portant à l'extrémité une pousse (bulbille) qui devient un individu distinct.

Chez certaines espèces des stolons naissent à l'aisselle des écailles ou de leur cicatrice laissée sur le bord du plateau, s'en éloignent et forment à leur extrémité une bulbille.

Dans le cas du prolifique Cyrtanthus elatus (ex Vallota) de courts stolons et leurs bulbilles naissantes sont visibles à la dissection, entre les écailles du bulbe.

Chez certains Hippeastrum mandonii on peut voir apparaître une nouvelle plante jusqu'à 25 cm du bulbe parent, mais la distance est moins spectaculaire chez les autres espèces.

Chez Hippeastrum flammigerum, H. petiolatum (espèces stériles) et Griffinia espiritensis des stolons forment de nombreuses bulbilles souterraines dormantes. Chez H. flammigerum, qui vit sur les berges, ces bulbilles sont entraînées et dispersées par les crues des rivières.

Espèce stolonifère : Sternbergia greuteriana, Pamianthe peruviana...

La hampe florale

Position (par rapport au feuillage)

La hampe est issue de la transformation du bourgeon apical du plateau. Chez une plante mature l'initiation d'une inflorescence survient périodiquement, déclenchée par des facteurs saisonniers. Le bourgeon apical est "initié" tandis qu'un bourgeon axillaire prend le relais du développement végétatif et débute un nouveau module de feuilles... On peut raisonner en une succession de tels modules comprenant des feuilles (4 chez Clivia) et une inflorescence terminale.

Il peut s'écouler un délai de quelques semaines à 30 mois (Nerine) entre l'initiation de l'inflorescence et la floraison.

Les rapports apparents de la hampe avec le feuillage sont variés selon que les feuilles embryonnaires et l'inflorescence embryonnaire d'un même module vont donner feuilles et inflorescence développées en même temps ou non.

Hampe située au milieu du feuillage :

Hampe située en dehors du feuillage : Les feuilles n'encadrent pas la hampe parce qu'elles sont d'un module plus récent. Cela témoigne d'un développement différé de l'inflorescence.

Chronologie (saisonière, par rapport au feuillage)

Son apparition peut précéder le feuillage (plantes dites hysteranthée).

Aspect

La hampe est dépourvue de feuille sur toute sa hauteur (à l'exception, bien sur, des bractées de l'inflorescence).

Elle peut être très courte, portant un ovaire souterrain, et ne s'allonger qu'à maturité (à la manière des colchiques) :

Elle est de section variée :

Elle peut être :

Fonctions

Reproduction :

Photosynthèse :