Les noms français de
Galanthus nivalis et Leucojum vernum

Amaryllidaceae

Galanthus
Leucojum
màj 18 mars 2010
Liste, Bibliographie
La Perceneige. (Madrigal)

Sous un voile d'argent la Terre ensevelie
Me produit malgré sa fraîcheur :
La Neige conserve ma vie,
Et me donnant son nom me donne sa blancheur
...
in: la guirlande de Julie, 1641.

Galanthus nivalis (perce-neige) et Leucojum vernum (nivéole du printemps) sont deux espèces d'aspect très voisin et fleurissant à la même saison.

Sans doute les a t-on longtemps confondues et nommées toutes deux "Perce-neige" (ou "Campane blanche", "Grillet blanc", etc. selon les provinces).

Au milieu du 18ème siècle, Linné place ces deux espèces dans des genres distincts, Galanthus et Leucojum. À la suite, les noms "Galanthe" et "Leucoie" sont créés pour les désigner en français. Vers le même moment est créé le nom "Nivéole" (Lamarck).

Finalement ce sont "Perce-neige" et "Nivéole" qui s'imposeront comme noms communs. Mais le premier, "Perce-neige", prêtera encore longtemps à confusion !

Galanthus Leucojum

NB : Les noms regroupés sur cette page sont de valeurs très diverses : noms vernaculaires, rarement cités dans les ouvrages botaniques, pour les uns ; créations savantes jamais utilisées en pratique, pour d'autres.

Liste des noms et variantes

- Noms dérivés de noms savants : Leucoie, violier, treffeulle, galanthe, nivéole.
- Noms littéraires : perce-neige, goutte de neige.
- Autres noms français (ou d'origine régionale à déterminer) : campane, cloche, grelot, baguenaudier, jeannette.
- Noms d'usage régional : Régions de langue d'oïl, Francoprovençal (Arpitan), Occitan, Catalan, Langues non romanes.

Noms dérivés des noms savants


Francisation des noms savants renaissances, issus du Leucoion de Théophraste.

Leucoyon à trois feuilles
G. nivalis : Morin 1658 p.56 ; Chomel 1718.
Leucoyon triphilon
G. nivalis : Morin 1658 p.58.
Leucoyon exaphilon
L. vernum : Morin 1658.
Leucoyon
G. ou L. ? : La Chesnaye-Desbois 1751 ;

Francisation du nom Leucojum vernum de Linné.
Probablement jamais employé hors des publications savantes.

Leucoie printanier
L. vernum : Rozier 1796 p.525 ; Gilibert 1798 ; Mouton-Fontenille 1805 ; Derive 1839 p.40.
Leucoion du printemps
L. vernum : Richard 1826 p.328.
Leucoium du printemps
L. vernum : Boisduval 1828 ; Derive 1839 p.40.

Traduction du nom antique du "leucoion" bulbeux de Théophraste (ou Viola alba) servant de nom savant à l'époque de Dalechamps : Leucoion bulbosum, littéralement violette blanche.

Violier bulbeux
G. et L. : Dalechamps 1615 (Lyon) ;
G. nivalis : Buc'hoz 1770 ; Hirschfeld 1781 ; Maulny 1786 ; Cuvier 1825 p.239 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881.
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Valmont-Bomare 1764 ; Garsault 1773 ; Gmelin 1775 ; Diderot & d'Alembert 1781 ; Miller 1788 p.362 ;
Violier d'hiver
G. ou L. ? : Valmont-Bomare 1764 T.5 p.654.
G. nivalis : Anonyme 1793 ; Lamarck 1817 ; Sève 1819 p.78 ; Cuvier 1825 p.239 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881.
Violier à trois fueilles, de Matthiol
G. nivalis : Dalechamps 1615 (traduction du nom latin de Dodoens).
Petit narcisse violier à trois feuilles
G. nivalis : Delarbre 1836 (traduction du nom latin de Tournefort).

Voir "treffeulle".


Violette bulbeuse
G. nivalis : Miller 1785 T.8 p.53 ;
Violette de février
G. nivalis : Buc'hoz 1770 ; Hirschfeld 1781 ; Bastien 1809 ; Cuvier 1829 p.238 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866.
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Valmont-Bomare 1764 ; Garsault 1773 ; Gmelin 1775 ; Miller 1788 p.362 ; Sève 1819 p.78 ; Fillassier 1830 p.371.
Violette de la Chandeleur.
Violette de printemps
G. nivalis : Besnou 1881.
Violette blanche
L. vernum : Fuchs 1549 ; Lagardette 1857.

Ce nom est une conséquence du double sens du nom savant Leucoion :
Les 2 plantes désignées ont "partagé" leurs noms français...

Gyrophlee blanche
L. vernum : Fuchs 1549 ;

C'est le Leucoium bulbosum triphyllon de Dodoens, le Violier à trois feuilles.

Treffeulle / Treffoeulle
G. nivalis : Franeau 1616 ;

Galanthème pourrait dériver d'un nom savant précurseur du Galanthus de Linné (?)
Cela expliquerait son application au Leucojum.

Galanthème
L. vernum : Cuvier 1829 ("Galanthème de Lobel, Césalpin") ;
Galanthème perce-neige
G. nivalis : Tinant 1836 ; Riomet 1891 ;

Galant
G. nivalis : Quesné 1788 (nom pour le genre) ; Thuillier 1824.
Galand de neige
G. nivalis : Remy 1858 ;
(Le "Galand de neige" de la pièce de Molière est une homonymie fortuite.)
Galant de neige
G. nivalis : Buffon 1800 ; Bory St-Vincent 1825 ; Drapiez 1853 ;
Galand de Vérone
G. nivalis : St-Germain 1784 ;
Galand perce-neige
G. nivalis : Curten 1798 ;
Galant perce-neige
G. nivalis : Gatereau 1789 ;
Galant d'hiver
G. nivalis : Lamarck 1778 ; Lestiboudois 1781 ; Palassou 1781 ; Durande 1782 ; Valmont-Bomare 1791 ; Stolz 1802 ; Roucel 1803 ; Willemet 1805 ; Cuvier 1820 T.18 p.46 ; Mulson 1822 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Drapiez 1853 ; Gillet 1863 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881 ; Bonnier 1934 ; Rameau 1993.

Galand : ancienne orthographe de galant. Coexistent fin 18e - début 19e siècle.


Galantà
G. nivalis : Reichel 2005 p.430 (Auvergne) ;

Galanthe et variantes sont des francisations du Galanthus de Linné.

Galanth
G. nivalis : Bastien 1809 ;
Galanth perce-neige
G. nivalis : Loiseleur-D 1816 ;
Galanthe perceneige
G. nivalis : Saint-Amans 1821.
Galanthe des neiges
G. nivalis : Rozier 1796 p.526 ; Mouton-Fontenille 1805 ; Du Bois 1856 ; Bonnier 1934 ; Rameau 1993.
Galanthe d'hiver
G. nivalis : Poiteau 1828.
Galanthe printanier
G. nivalis : Fée 1832.
Galanthée nivale
G. nivalis : Delarbre 1836 (traduction du nom latin de Linné).

NB : Le nom "galantine" (sans "h") était déjà donné à l'ancolie.

Galantine
G. nivalis : Sève 1817 p.356 ; Wailly 1827 ; Besnou 1881 ; Ménière 1881.
Galanthine
G. nivalis : Poiteau 1828 ; Lecoq 1844 ; Ménière 1881 p.555 ; Bonnier 1934 ; Gentil 1923 ; Rameau 1993.
Galantin perce-neige
G. nivalis : Azaïs 1878 ;
Galantine perce-neige
G. nivalis : De Candolle 1805 ; Cuvier 1820 T.18 p.46 ; Mutel 1830 ; Vandermaelen 1833 ; Durheim 1856 ;
Galanthine perce-neige
G. nivalis : Sève 1819 p.78 ; Lecoq 1844 ; Brébisson 1836 ; Montesson 1859.
Galantine des neiges
G. nivalis : Boisduval 1828.
Galanthine des neiges
G. nivalis : Aubriot 1885 ;
Galantine nivale
G. nivalis : Lamarck 1786 ; Lestiboudois 1799.
Galantine nivéale
G. nivalis : Philibert 1802.
Galantine nivéole
G. nivalis : Duchesne 1836 ; Derive 1839.
Galantine d'hiver
G. nivalis : Dumont-Courset 1802 ;
Galanthine d'hiver
G. nivalis : Lamarck (Encycl.M.) 1782 ; Tessier 1796 ; A. Adanson 1845 ;

Dérivé savant du latin "niveus". Serait une création de Lamarck.
Le mot existe avant 1781 et est présent en 1782 dans l'encyclopédie méthodique [p.427]

Nivéole
G. nivalis : Lecoq 1844 ; Kirschleger 1857 ; Provancher 1862 ; Besnou 1866 ; Géhin 1866 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Besnou 1881.
L. vernum : Rameau 1989.
Nivèolo
G. et L. : Azaïs 1878 ;
Nivéole printanière
L. vernum : Bosc 1803 ; De Candolle 1805 + 1815 ; Deterville 1809 ; Sève 1818 p.12 ; Mutel 1830 ; Tinant 1836 ; Lecoq 1844 ; Brébisson 1836 ; Berher 1856 ; Géhin 1866 ; Ulrich 1872 ; Littré 1874 ; Briard 1881 ; Aubriot 1885 ; Berher 1887 ; Lachot 1894 ; Bonnier 1934, en "nom vulgaire".
Nivéole du printemps
L. vernum : Cuvier 1825 p.116 ; Poiteau 1828 ; Duchesne 1836 (de printemps) ; Mutel 1836 ; Derive 1839 p.40 ; Drapiez 1841 ; Lagardette 1857 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Ulrich 1872 ; Gave 1900 ; Bonnier 1934, en titre.
Nivéole à une fleur
L. vernum : Morel 1800.
Nivéole d'hiver
G. nivalis : Littré 1874 ; Azaïs 1878 ;

Nom littéraire


Perce-neige est un nom ancien, littéraire ou devenu tel, qui désignait les deux espèces.
Il est d'abord féminin en 1641 dans la Guirlande de Julie, mais dès 1727 le dictionnaire de Furetière le fait masculin (en signalant que l'Académie le dit féminin.) Les deux genres sont aujourd'hui permis.

Le succès du nom lui vaut des traductions en normand "Broque-neige", occitan "Traucanèu" ou breton "Treuz-erc'h".

Perce(-)neige (Orthographe du manuscrit à vérifier)
G. ou L. ? (illustration à vérifier) : Manuscrit de la Guirlande de Julie 1641 ;
Perceneige
G. ou L. ? : Brouault 1670 ; Benserade 1697 (1ère publication d'un madrigal de la Guirlande de Julie ; nf) ;
G. nivalis : Buc'hoz 1770.
L. vernum : Furetière 1702 ; Gouan 1765 ;
Perce-neige
G. ou L. ? : Furetière 1690 ; Boutet 1696 (Perse-neige) ; Besnier 1705 ; [Vie de Montaussier] 1729 (Publication de la Guirlande_de_Julie ; nf) ; Du Fresne 1731 ; Richelet 1739.
G. nivalis : Morin 1658 p.56 ; Chomel 1718 ; Vaillant 1743 ; Guettard 1747 ; Dalibard 1749 ; Hirschfeld 1781 ; Maulny 1786 ; Thuillier 1790+1824 ; Roucel 1803 ; Willemet 1805 ; Bastien 1809 ; Cuvier 1820 T.18 p.46 ; Poiteau 1828 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Drapiez 1853 ; Kirschleger 1857 ; Gillet 1863 ; Besnou 1866 ; Géhin 1866 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Ulrich 1872 ; Besnou 1881 ; Aubriot 1885 ; Bonnier 1934.
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Valmont-Bomare 1764 ; Garsault 1773 ; Gmelin 1775 ; Durande 1782 ; Villars 1787 ; Quesné 1788 p.414 (nom pour le genre) ; Rozier 1796 p.525 ; Gilibert 1798 ; Roucel 1803 ; Lamarck 1811 (IV, p.620) ; De Candolle 1815 ; Cuvier 1825 p.116 ; Richard 1826 p.328 ; Poiteau 1828 ; Derive 1839 p.40 ; Drapiez 1841 p.689 ; Berher 1856 ; Kirschleger 1857 ; Lagardette 1857 ; Provancher 1862 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Ulrich 1872 ; Aubriot 1885 ; Berher 1887 ; Lachot 1894 ; Gave 1900 ; Coste 1937 ; Rameau 1989.
Percenege
G. et L. : Tournefort 1694 (Percenége) ;
L. vernum : Lemery 1699 ; Furetière 1702, 1727 ; Lindern 1728 (Percenage).
Perce-nége
G. et L. : Tournefort 1700 ; Richelet 1706 ; Hermann 1747 (Perce Nege, sans trait d'union ni accent) ;

Perch'-nège
G. nivalis : Web:dicovia (Wallonie, patois athois).

Perce-neige d'hiver
G. nivalis : Roussel 1806 (d'hyver) ; Fillassier 1830 p.370.
Perce-nege d'hiver
G. nivalis : St-Germain 1784 ;
Perceneige du printemps
L. vernum : Curten 1798.
Perce-neige du printemps
L. vernum : St-Germain 1784 ; Miller 1788 p.362 (printems) ; Fillassier 1830 p.371 ; Vandermaelen 1833.
Perce-neige printanière
L. vernum : Lamarck 1778 p.499 ; Lestiboudois 1781 ; Dumont-Courset 1802 ; Lamarck 1804 ; Willemet 1805 ; Sève 1819 p.78.
Grand perce-neige
G. nivalis : Quesné 1788 ;
L. vernum : Miller 1785 ;
Petit perce-neige à trois feuilles
G. nivalis : "Tournefort" 1797 (petit par opposition à un "grand" byzantinus) ;
Perce-neige commun
G. nivalis : Miller 1785 ;
Perce-neige vulgaire
L. vernum : "Tournefort" 1797 ;
Perce-neige des Parisiens
G. nivalis : Mutel 1836 ; Companyo 1864 ;

Traduction littérale de snowdrop. Publié dans des traductions d'oeuvres au XVIIIe siècle (ex : Mortimer 1765).

Goutte de neige
G. nivalis : J.-J. Rousseau 1789 ;

Autres noms français


Bonshommes
G. nivalis : Orain 1884 (Bain, Ille-et-Vilaine) ;

Aussi : narcisses.


Campane blanche
G. et L. : Dalechamps 1615 (Lyon) ;
G. nivalis : Buc'hoz 1770 ; Anonyme 1793 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866 ; Ulrich 1872 ; Besnou 1881 (Campana : probable coquille) ; Witte 1888.
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Valmont-Bomare 1764 ; Garsault 1773 ; Gmelin 1775 ; Miller 1788 p.362 ;
Campane des neiges
G. nivalis : Ulrich 1872 ; Witte 1888.
Campane
L. vernum : Fillassier 1830 p.371.

Nom également utilisé pour le Narcissus pseudonarcissus.


Campanule blanche
G. nivalis : Remy 1858 ;

Variante montbéliarde.

Campenotte blanche
L. vernum : Dans le Doubs, Ch. Beauquier 1879.

Blanche par opposition à la "campenotte" qui est le N.pseudonarcissus.


Cloche blanche
G. nivalis : Buc'hoz 1770 ; Maulny 1786 ; Rozier 1809 ; Cuvier 1817 p.412 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Gentil 1923 (Sarthe) ;
L. vernum : Miller 1788 p.362 ; Lamarck 1811 (IV, p.620) ; Sève 1817 p.197 ; Fillassier 1830 p.371 ;
Cloche d'hiver
G. nivalis : Gillet 1863 ; Besnou 1881.

Clochette d'hiver
G. nivalis : Kirschleger 1857 ; Provancher 1862 ; Besnou 1866 ; Géhin 1866 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Ulrich 1872 ; Besnou 1881 ; Witte 1888 ; Bonnier 1934 ; [Rouen] 1906 ; Rameau 1993.
Clochette
G. nivalis : Aubriot 1885 (Hte-Marne) ; Gentil 1923 (Sarthe) ;
L. vernum : Aubriot 1885 ;

Grillet blanc
G. nivalis : Bauhin 1671 ; Deville 1737 ; Berthelin 1762.
G. ou L. ? : Furetière 1727 ("espèce de narcisse") ; Littré 1873 (idem).

Grelot blanc
L. vernum : Willemet 1805 ; Duchesne 1836 ; Lecoq 1844 ; Lagardette 1857 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Ulrich 1872 ; Beauquier 1879 ; Witte 1888 ; Bonnier 1934 ; Rameau 1989.

Le nom baguenaude est donné pour les baies enflées de la plante.
Nom partagé par d'autres espèces dont le physalis (Beguenaude dans Bauhin 1671 p.269, devenu baguenaude dans la copie par Deville 1737)

Baguenaude de printemps
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Gmelin 1775 (printems).
Baguenaudier de printemps
G. nivalis : Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881.
L. vernum : Garsault 1773 ;
Baguenaude d'hiver
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Gmelin 1775.
Baguenaudier d'hiver
G. nivalis : Buc'hoz 1770 ; Anonyme 1793 ; Bastien 1809 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881.
L. vernum : Valmont-Bomare 1764 ; Garsault 1773 ; Miller 1788 p.362 ; Fillassier 1830 p.371.

Variantes du Maine et Perche :

Béguenaude
G. nivalis : 1911 (Perche) ; Dud'huit 1979 (Perche) ;
Bégnaude
G. nivalis : Desportes 1838 (Maine : 53+72) ; Montesson 1859 p.86 (Begnaude, n.f., Haut-Maine, 72) ; Gentil 1923 (Sarthe, 72) ;
Bégaux
G. nivalis : Desportes 1838 (Maine : 53+72) ; Gentil 1923 (Sarthe) ;

Faux narcisse d'Europe
L. vernum : Roussel 1806 ;

Jeannette de printemps
L. vernum : Nétien 1993 (Lyon) ;
Jeannette des bois
L. vernum : Lachot 1894 (Semur, 21) ;

Noms régionaux, 1 - Pays de langue d'oïl


Jersey


Bouonnefemmes
G. nivalis : Web:Jersey1 (Jersey)

P'tite nue
G. nivalis : Web:Jersey1 (Jersey)

Normandie


Forme normande du nom "perce-neige".

Broque-neige
G. nivalis : Robin 1879 (Normand : broquer ou brocher = percer).

Anjou, Maine, Normandie


Chandeleur
G. nivalis : Maulny 1786 (Le Mans, 72) ; Desportes 1838 (Maine : 53+72) ; Du Bois 1856 (Normandie) ; Montesson 1859 (Haut-Maine : 72) ; [Rouen] 1906 (Normandie) ; Gentil 1923 ;
Candeleur
G. nivalis : [Rouen] 1906 (Normandie) ;

Date de floraison. De plus, c'est une des fleurs de la Vierge Marie


Porillon de la Chandeleur
G. nivalis : Ménière 1881 (Anjou) ;

Porillon (poireau) désigne ailleurs des narcisses.


Violette de la Chandeleur
G. nivalis : Sève 1819 p.78 ; Cuvier 1829 p.238 ("dans l'Anjou, suivant M. Desvaux.") ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 ; Lecoq 1844 ; Vilmorin-Andrieux 1866 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881 ; Ménière 1881 (Anjou) ; [Rouen] 1906 (Normandie) ;
L. vernum : Geoffroy 1750 ; Garsault 1773 ; Gmelin 1775.
Geoffroy, puis ceux qui l'ont copié, attribuent confusément ce nom au Leucojum. Hors, le nom est originaire d'Anjou et Maine, d'où cette plante est absente...

Du perce-neige la blanche fleur, Est la violette de la Chandeleur. (Dicton de l'Anjou) : Soland 1857, 1858.


Wallonie


Béguine

Bèguinète
G. nivalis : Soc.Litt.Wallone 1964 (Monceau-en-Ardenne, BE) ; Web:wallon1 (beguinete, sans accent) ; Web:dicovia (Wallon de Forrières).

Sans doute est-ce une allusion à la coiffe des béguines (religieuses).


Wallonie, Lorraine


Pucelle
G. nivalis : Willemet 1805 (auteur lorrain) ; Lamarck 1816 ; Sève 1819 ; Duchesne 1836 ; Derive 1839 (Liège, BE) ; Lecoq 1844 ; Lindley 1866 ; Besnou 1866 ; Besnou 1881.
Pucèle
G. nivalis : Soc.Litt.Wallone 1964 (Marche, BE) ; Web:wallon1 (pucele + formes régiolectales : picê, pucia; pucèle, puçale) ; Web:dicovia (Wallon de Forrières).

Fleur symbole de virginité et de pureté. (C'est une des fleurs dédiées à la Vierge Marie ; D'où également "Chandeleur" *).


Ardennes, Lorraine, +/- Champagne


Claudinette
L. vernum : Aubriot 1885 ;
Glaudinette
L. vernum : Bourguignon 1901 ;
Emploi vivant localement en Ardennes. À Lametz (bois de Longwé...), la croyance populaire attribue à un "moine Claude" l'introduction de la plante, d'où le nom. [exemple sur ce site local : www.glaudinet.org].

Ce nom est également employé pour des narcisses.


Champagne sud


Goutte de lait
G. nivalis : Mulson 1822 (Langres, 52) ; Aubriot 1885 (Hte-Marne) ; Fournier 1946 (auteur Ht-Marnais) ; Rameau 1993 (connaisseur de la Hte-Marne).
L. vernum : Aubriot 1885 (Hte-Marne) ; Berher 1887 (Vosges) ;

Piroui bâtard
L. vernum : Aubriot 1885 ;

Dans la même région : Piroui blanc, jaune = narcisses.


Noms régionaux, 2 - Aire du Francoprovençal


Franche-Conté Sud


Cocotte
L. vernum : Web:Jura (Mouthier, Doubs).

Savoie


Nèviére
G. nivalis : Web:dicovia (arpitan-savoyard).

Favota (pl. : favotè)
G. ou L. ? : Duch 1998 (Tignes ; "perce-neige" ; nf) ;

Suisse Romande


Gangueillon
G. nivalis : Blanchet 1836 ; Durheim 1856 (Montreux, Suisse).
Ganguellon
G. nivalis : Bridel 1866 p.178 (Montreux, Suisse).

Gotreuse
L. vernum : Blanchet 1836 ; Moratel 1855 ; Durheim 1856 (Bex, Suisse Romande).
Gottreusa
L. vernum : Bridel 1866 (Bex, Suisse Romande) ; ? 1917 ; Wartburg 1928.
Gotrausa
L. vernum : Moratel 1855 ;

Littéralement : "goitreuse" (évocation de l'ovaire). Cf. "Gottrausa", narcisse des poètes


Flouou dé chen dzojé (fleur de saint Joseph)
G. nivalis : Voillat 1997 ;

Fleur attribuée à St Joseph également en Auvergne et Belgique : "Perce-neige, fleur de saint Dzojèf" (Dialectes belgo-romans, 1965, Vol.22-24 p.148*)


Noms régionaux, 3 - Occitan


[Nord] Auvergnat, Vivaro-Alpin (+ Limousin)


Alhou de couchou
G. nivalis : Reichel 2005 p.38.

Bilhotà
G. nivalis : Reichel 2005 p.105 (Velay) ; Grange 2006 (Vivaro-Alpin) ;

Aussi : narcisse, jonquille.


Boubeilà
G. nivalis : Reichel 2005 p.112.

Clharenetà
G. nivalis : Reichel 2005 p.184.

Clhujà de Sent Jeuziê
G. nivalis : Reichel 2005 p.187.

Clhu de Nouvê
G. nivalis : Reichel 2005 p.186.
Flu / Flhu de l'an
G. nivalis : Reichel 2005 p.413.

[Sud] Gascon, Languedocien, Provençal


Terme gascon (et languedocien ?)

Vergonhosa
G. nivalis : (Béarn) ; Web:panoccitan (Occitan) ; Web:Bearn1 (f) ;
Vergougnouso
G. nivalis : Azaïs 1878 ; Mistral 1979 ;
Bergougnouso
G. nivalis : Noulet 1837 (bérgougnouso ; Gascon ; Toulouse) ; Lagrèze-Fossat 1847 (Tarn-et-Garonne) ; Couzinié 1850 (Tarn, langue romano-castraise) ; Doujat 1895 (Toulouse) ; Mistral 1979 ;
Bergougnousa
G. nivalis : Honnorat 1846 (nf ; Toulouse, 31 ; Etym. "honteuse") ;
Bergougnouse
G. nivalis : Honnorat 1846 ; Saule 1991 (occitan) ;
Bergoungeousse
G. nivalis : Saint-Amans 1821 (Tarn-et-Garonne).
Bergonjousse
G. nivalis : De Candolle 1999 (1807 ; "La honteuse") ;

(V = B : Bêtacisme) Bergougnouse : "pudique, honteux" en Gascon. Cf. "vergogne", honte.
"Fleur qui semble en effet s'incliner pour se dérober aux regards" (Saint-Amans).


Fleur d'orange d'Espagne
G. nivalis : De Candolle 1999 (Pyrénées ; 1807 ; "On le vend au marché sous le nom de") ;

Peut-être y a t-il une relation avec le fait que dans certaines régions, les fleurs d'oranger des couronnes de mariées étaient remplacées l'hiver par des fleurs de perce-neige.


Vèuso
G. nivalis : Azaïs 1878 ; Mistral 1979 (véuso... autres graphies ; Veuve) ;
Beousa
G. nivalis : Honnorat 1846 (nf ; "pour veousa") ;

= Veuve. (Comme pour le terme Vergonhosa, noter le bêtacisme)


Traucanèu
G. nivalis : Saule 1991 (occitan) ; Web:panoccitan (Occitan) ; Web:Bearn1 (m) ;
Trauca-nèu
G. ou L. ? : Mistral 1979 ("perce-neige, nivéole printanière") ;
Troouque-neou
L. vernum : Lions 1862 (Bouches-du-Rhône, Provençal) ;

Semble signifier troue-neige et n'être qu'une traduction littérale de "perce-neige".


Noms régionaux, 4


Catalan


Lliri de neu
G. nivalis : Bolòs 1959 (ES) ; Saule 1991 ; Boada 2008 (ES) ; Parker 2008 ;

Noms régionaux, 5 - Langues non romanes


Alsace


Schneeglèkel
G. nivalis : Web:dicovia (Alsacien).
Schneegloeckle
G. nivalis : [Alsace] 1986 ;

À rapprocher de l'allemand Schneeglöckchen.


Grosse Schnee-Tropfen in Garten
G. nivalis : Lindern 1728 ;

Von Lindern, note les noms "des deux rives du Rhin". Semble être un ancien nom allemand, plutôt qu'alsacien. NB : De même sens que l'anglais snowdrop (goutte de neige).


Flandre


Somer Sotjes
G. nivalis : Roucel 1803 (flamand) ;

Bretagne


Treùz-erc'h
G. nivalis : Le Gonidec 1847 ;

Traduction littérale de "perce-neige".


Tròtœ
G. nivalis : Dottin 1901 (Pléchâtel, 35) ;

Pays basque



Références citées*

Thématiques : Flore locale | botanique | horticulture | flore médicale | encyclopédie (et dico de Sc.Nat.) | dictionnaire | littérature | linguistique (plus dico bilingue, tradition locale) | Tout

Rappel : les bibliographies du site sont en ordre chronologique.

Web


Première attestation des noms. 1) période prélinéenne

1549 Fuchs : Gyrophlee, Violette blanche.
1615 Dalechamps : Campane blanche, Violier bulbeux.
1616 Franeau : treffeulle, treffoeulle.
1641 Guirlande de Julie : perce-neige (orthographe de 1641 ?).
1671 Bauhin : Grillet blanc.
1699 Lemery : percenege.
1719 Tournefort : Perce-nege.
1727 Furetière : Grillet blanc, Percenege.

1731 Du Fresne : Perce-neige.
1737 Deville : Grillet blanc.
1739 Richelet, 1743 Vaillant, 1747 Guettard, 1749 Dalibard : Perce-neige.
1750 Geoffroy : Baguenaude de printemps, d'hiver, Campane blanche, Perce-neige, Violier bulbeux, Violette de février, Violette de la chandeleur.